mercredi 19 décembre 2007

Rapoon rend hommage à Ligeti.

Un morceau de Rapoon est téléchargeable gratuitement sur le site consacré au tribute à Ligeti.
On ressent bien l'influence du compositeur, pionnier de la musique électronique, décédé l'année dernière. Des sons d'orchestre symphonique trafiqués ouvrent ce "Full moon eye". On part très vite dans l'espace avec un grand nombre de strates qui forment un magma sonore. Storey utilise aussi les "glissandi" de sons synthétiques pour créer son atmosphère spatiale.
Rapoon ne cesse de me surprendre en ce moment.

Tim Hecker et Isis au festival Bleeding Edge de Saratoga en 2006

Voici une video que je viens de trouver sur Youtube.Il s'agit d'une collaboration entre Isis et Tim Hecker lors du festival Bleeding Edge de Saratoga qui a eu lieu l'année dernière.

vendredi 14 décembre 2007

B.J. Nilsen: The Short Night

Fondateur de Hazard en 1996, on doit à Bj Nilsen le très bon Land en 2003 ainsi que Fade to White en 2005 (publié sous son propre nom). Fidèle au label Touch , le suédois revient avec son nouvel album « The short night ».

Ce qui est frappant à la première écoute du disque c’est le subtil mélange des fields recordings ( saisis dans différentes contrées nordiques) et des textures électroniques synthétiques. On peut se laisser aller au fil de l’eau et voir, en cet album, une sorte de collection de paysages sonores polaires. On peut aussi se construire son propre scénario en fermant les yeux et en s’abandonnant dans l’univers nocturne et maritime de Nilsen.

On se laissera alors embarquer dès le premier morceau « Front » dans une nuit étoilée et apaisante mais qui laisse présager quelque chose d’inquiétant. Le mystère des nuits suédoises ne fera que s’épaissir nous plongeant dans des états émotionnels variés et déroutants. La lumière disparaît petit à petit au fil des morceaux. Le froid de l’océan arctique nous glace le sang. Une tension naît en nous et n’éclatera qu’au milieu du morceau « Black light » au cours duquel l’album se métamorphose devenant beaucoup plus angoissant. Les textures se feront plus rugueuses, gutturales et sombres.
On termine l’écoute avec les envolées de « Viking North » qui nous laissent le sentiment d’avoir voyagé dans un univers surnaturel vaste, calme, gelé mais aussi chaotique, sombre et mystérieux .

BJ Nilsen signe avec « The short night » un magnifique album qui fait de cet artiste un acteur majeur de la scène ambient . La méticulosité du compositeur et du mixage rendent ce disque de musique électronique très humain et nous renvoie la beauté de la nature qui nous entoure. C’est probablement un des plus beaux disques que j’ai écoutés cette année.

BJ Nilsen: "The Short Night"-Touch- sept 2007

samedi 8 décembre 2007

Hommage à Karlheinz Stockhausen


Spiral : pièce pour solliste et récepteur à ondes courtes : 1968

Afin de rendre hommage à Karlheinz Stockhausen, décédé mercredi dernier à l’age de 79 ans, je me suis replongé dans ma discothèque et en ai ressorti « Spiral »

C’est le seul disque de Stockhausen que je possède. J’avais plus ou moins conscience de l’influence de ce compositeur sur la musique actuelle mais ne m’étais jamais vraiment penché sur son œuvre. J’ai néanmoins eu la chance de l’apercevoir et d’écouter en concert « Lieder », pièce pour ensemble vocal.

« Spiral » a été créé en 1968. A cette époque Stockhausen travaille sur la thématique de la musique intuitive. Cette pièce, pour solliste et récepteur à ondes courtes, fait suite à la parution de 15 textes intitulés « Aus der Sieben Tagen ».
L’intention du « maître » est de faire appel à l’intuition de ses interprètes et de développer une musique qui soit la parfaite fusion entre un son émis à partir d’une source sonore définie (texte, radio, sons ) et l’instrument choisi par le soliste.

Le compositeur n’écrit pas une partition traditionnelle mais rédige des indications sous forme de signes « +, - ou = » (signifiant plus fort, moins fort ou plus intense, plus doux…). L’exécutant de la pièce dispose alors d’une relative liberté.
Le point de départ du jeu est un évènement sonore, entendu lorsqu’on déclenche un récepteur à ondes courtes. Le soliste cherche un évènement satisfaisant et tentera ensuite de l’imiter, de le transformer voir même de le transcender.

On découvre 4 « réalisations » exécutées en avril 1993 par le flûtiste Eberhard Blum ( qui a aussi travaillé avec John Cage, Morton Feldman…).

C’est une musique savante et décousue à cause des silences entre les évènements. L’intérêt de l’auditeur est constamment en éveil grâce à la performance de l’interprète. On oublie parfois la source et on ressent la fusion entre les ondes, la flûte ou la voix.
J’ai en tête tous les musiciens qui expérimentent et cherchent à dépasser les possibilités de leurs instruments afin de satisfaire la sensibilité de nos oreilles difficiles.

Je crois que l’écoute de « Spiral » vous donnera l’envie de découvrir ou redécouvrir l’œuvre de ce compositeur résolument original et moderne.

Karlheinz Stockhausen-:Eberhard Blum Spiral-Flute & voice (shortwave receiver) Hat now series -hat hut recds 1994

dimanche 4 novembre 2007

Nadja: Thaumogenesis


Nadja est de retour avec un nouvel album « Thaumogenesis ». Le duo canadien, constitué du très prolifique Aidan Baker (écrivain et musicien) et de Leah Bukackareff , nous livre un morceau d’une heure, qualifié par eux-mêmes d’ambiant doom ou de shoegaezer metal.

« Thaumogenesis » débute par une ambiant feutrée intimiste mais soudainement Nadja nous propulse dans monde lourd, métal et profond. Les vagues de guitare s’envolent et une boite à rythme lointaine bat une mesure lente et caverneuse. Le morceau évolue et la basse de Leah Buckareff plombe l’atmosphère. Les sonorités sont sensiblement les mêmes mais on n’a jamais l’impression de « déjà entendu ». La composition se métamorphose imperceptiblement et nous conduit vers des textures à densités variables . Une accalmie après vingt minutes d’écoute nous permet de souffler et de revoir un peu la lumière dans cette ambiance de funérailles. L’univers sonore est alors plus contemplatif et introspectif. La deuxième moitié de la pièce nous conduit dans un monde proche de la rupture. Les strates de guitares et de synthé sont couvertes de riffs saturés lourds, répétitifs et inquiétants. La tension du morceau semble à son maximum.
Le duo nous réserve cependant une fin en apothéose, marquée par des envolées de guitare de toute beauté et des drones laissant une impression de grande réussite au niveau de la composition. La fin est en decrescendo avec des échos de basse qui disparaissent petit à petit dans le lointain.

Nadja, avec ce disque, fait la démonstration de tout l’étendue de son savoir- faire à la guitare/basse et de la maîtrise de la distorsion. Le groupe a réussi à varier les émotions, la tension et de l’intensité du morceau. On se situe à la rencontre des Swans, de Jesu et de Troum. A noter que le mastering a été confié à James Plotkin. Un très bon disque à écouter d’une traite qui marque toute la maturité de la formation et laisse présager une évolution des plus intéressantes.

Nadja Thaumogenesis (Archives records/2007) 600 copies uniquement

jeudi 1 novembre 2007

"Kindertotenlieder" DANSE / CIRQUE / THEATRE - LYON

"Kindertotenlieder"
Gisèle Vienne
Dennis Cooper / Stephen O'Malley / Peter Rehberg
8.9.10 novembre 2007
Pièce visuelle et sonore /



“Kindertotenlieder” évoque l'étrange tradition de certains villages autrichiens où dans un rituel violent, la soirée de la Saint-Nicolas rassemble dans les rues des personnages des Perchten*, venus des enfers et de l'au-delà. Des figures, des masques, la neige qui tombe inlassablement, sur des corps vivants ou inanimés. Comme une longue image qui se déploierait en cérémonie, les corps fantasmés ou réels se confondent... Gisèle Vienne et l'écrivain américain Dennis Cooper interrogent la confusion entre fantasme et réalité lorsqu'ils font irruption dans la sphère collective.
D'une beauté, d'une langueur et d'une violence troublantes.

La rencontre entre Dennis Cooper et Gisèle Vienne a eu lieu en 2004 à l'initative
des Subsistances. Depuis, leur collaboration se poursuit avec "I Apologize" (création aux Subsistances en octobre 2004), "Une belle enfant blonde" (création Avignon 2005).